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Programme du séminaire d’Histoire de la construction 2014

 

Organisé par

  • le Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (LAMOP – UMR 8589, Université Panthéon-Sorbonne – Paris 1),
  • le Centre de théorie et analyse du droit (CTAD – umr 7074, Université Paris Ouest Nanterre La Défense – Paris 10)
  • et le Laboratoire Géométrie-Structure-Architecture (GSA) de l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris Malaquais.

 

Le séminaire porte sur l’histoire de la construction envisagée tant du point de vue technique que social, juridique ou économique. Il entend faire une large place à une approche comparative appuyée sur la richesse de l’actualité des travaux dans ce domaine à l’échelle internationale, pour les périodes médiévale et moderne.

Un tel lieu de diffusion et d’échange sur l’histoire de la construction n’existe plus, actuellement, sur Paris alors même que les recherches dans ce domaine connaissent un essor remarquable depuis plusieurs années. Il entend relayer, en quelque sorte, par un travail plus en profondeur à destination des étudiants et des chercheurs, les apports indéniables des congrès tant internationaux que nationaux tenus régulièrement sur ce thème.

Le séminaire s’articule en 4 à 6 séances annuelles d’une journée qui auront lieu dans les locaux de l’ENSA Paris Malaquais (salle Gertrude Jekyll) ou de la Sorbonne.

Chaque séminaire, après une présentation historiographique de la thématique de la journée, permettra à quatre ou cinq intervenants d’exposer l’état de leurs recherches et réflexion sur le sujet retenu. Le but de telles journées est de proposer un lieu d’échanges entre personnes travaillant, autant que possible, à partir de sources différentes (archéologiques, textuelles…), voire des hommes de l’art travaillant aujourd’hui sur des restaurations (compagnons…), dans des aires géographiques et sur des périodes diverses. La séance se poursuivra par une revue critique de publications portant sur l’histoire de la construction. Elle s’achèvera par un atelier de recherche à partir d’archives inédites : cette année une analyse du traité inédit d’architecture d’Antoine D’Alleman.

Renseignements : bernardi.philippe[a]wanadoo.fr ; rcarvais[a]noos.fr

 

Première séance

Comment traiter la construction ? Traités de construction ou traités d’architecture

Lundi 2 décembre 2013, 10h-13h et 14h-17h

Alors que les traités d’architecture ont fait l’objet d’études nombreuses, ceux de construction demeurent davantage ignorés. Notre intention est de démontrer que bien que les premiers soient dotés d’une dimension savante théorique et les seconds relèvent d’un savoir technique pratique, la répartition des champs apparait plus complexe. Les traités d’architecture depuis que Vitruve a été réinterprétée à la Renaissance contiennent des réflexions sur la fabrica. Les traités de construction rarement généraliste au début ont théorisé leur savoir scientifique.

Deuxième séance

Le plâtre, matériau de construction

Lundi 20 janvier 2014, 10h-13h et 14h-17h

Le plâtre est un matériau dont les applications contemporaines, en architecture, n’ont que peu à voir avec ses usages, disons « traditionnels ». Le plâtre est-il un matériau de construction alors qu’il est également un matériau de décoration ? Autrement dit, est-il structurant ? Matériau complexe et composite, comment jouer sur ses caractéristiques physico-chimiques pour l’adapter aux différents besoins des chantiers ? Quel symbolisme, ce matériau blanc capable de conserver les empreintes des gestes du travail peut il révéler ? Enfin, il s’agit d’un matériau qui a fait l’objet d’une réglementation très spécifique en termes de contrôle de qualité et de mesure.

 

Troisième séance, Conférence exceptionnelle

Saul Gomes (Université de Coimbra), Le chantier du Monastère de Batalha au Moyen Âge 

Mardi 18 février 2014, 18h-20h Salle Perroy (Sorbonne)

Discutant : Jean-Marie Guillouët (Université de Nantes, IUF)

À compléter

Quatrième séance

Filmer la construction des voûtes

Lundi 24 mars 2014, 10h-13h et 14h-17h

L’histoire de la construction s’interroge souvent sur les processus anciens de construction. Si nous avons conservé les bâtiments et monuments protégés au titre du patrimoine, s’il nous reste des ouvrages savants qui exposent quelques clés, rien ne vaut le stade expérimental de la reconstruction pour se rendre compte véritablement de la faisabilité et des moyens utilisés à l’époque. Le thème de la construction des voutes nous retiendra dans cette séance où nous tenterons d’approcher la matérialité du savoir-faire des constructeurs du Moyen-Age pour les croisées d’ogive gothique et de l’époque moderne pour les voutes catalanes. Ces ateliers nous sont restitués à travers le media du cinéma. Mais l’expérience est d’autant plus forte quand nous nous retrouvons au cœur d’une construction séculaire d’un type de voute chinoise qui s’est perpétué traditionnellement jusqu’à aujourd’hui. Nous pénétrons alors dans le processus constructif en remontant dans le temps.

Cinquième séance

L(es)’entrepreneurs (s)

Lundi 2 juin 2014, 10h-13h et 14h-17h

Séance organisée avec Sandrine Victor (Université d’Albi)

La figure de l’entrepreneur est paradoxalement la moins connue de la relation constructive tripartite. Le seigneur commanditaire, l’architecte demeurent accessibles à l’historien en raison des archives qu’ils ont laissées à la postérité. Il est excessivement rare de trouver des séries de sources continues sur les entreprises du bâtiment avant la fin du XIXe siècle. D’ailleurs toute histoire économique du secteur sous l’Ancien Régime semble vouée à l’inconsistance faute de documents et ne couvre souvent que le XXe siècle. Et pourtant un renouveau se profile dans ce champ. A défaut de documents d’entreprise, les historiens bravent avec astuce et ingéniosité ce manque de sources pour les reconstituer à partir d’archives privées et de découvertes étonnantes.

Photographie :

Restauration de capitelle en pierres sèches