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Organisé par
Le Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris
(LAMOP) UMR 8589, CNRS – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Le Centre de théorie et analyse du droit
(CTAD) UMR 7074, CNRS – Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Lundi 18 mai 2015
10h-17h30

Les architectures éphémères

 

Lieu : l’amphithéâtre du Centre Mahler
Université PARIS 1 – Panthéon – Sorbonne
9, rue Mahler, 75004 PARIS
métro Saint-Paul

 

10h. Introduction

10h15 Eric Monin, (Professeur d’histoire de l’architecture à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-
Val de Seine)
Édifier la fête : les fondements d’une économie du projet éphémère

11h15 Marie Bouhaïk-Gironès, (Chargée de recherche au CNRS – Centre Roland Mousnier, Université Paris-
Sorbonne)
Les échafauds construits pour la représentation du Mystère des Trois Doms à Romans en 1509

12h30-14h Déjeuner

14h Philippe Bernardi, (Directeur de recherche CNRS – LaMOP)
Aménagements et constructions éphémères au sein du Palais des Papes d’Avignon au XIVe siècle

15h Isabelle Warmoens, (Ingénieur d’études, Musée des Plans-reliefs)
Constructions de bois, de terre, gabions, fascines et clayonnages : la « fortification passagère » dans tous ses états (XVIIe-XIXe siècles)

16h15 Revue de publications récentes sur l’histoire de la construction
Atelier : Textes sur la fabrication et les usages du plâtre

 

Résumés

 

Eric Monin (Professeur d’histoire de l’architecture à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine)

Eric Monin a travaillé sur l’histoire des réjouissances publiques en France au XVIIIe (thèse de doctorat soutenue à l’Université de Nantes en 2001) avant de s’intéresser à la question de la représentation de l’architecture et en particulier à la diversité des supports médiatiques qui contribuent à sa réception élargie (commissaire de l’exposition Ces architectures qui nous emballent organisée à la maison de l’architecture d’Amiens en juin et juillet 2014). Il poursuit des recherches sur l’histoire de la représentation des feux d’artifices et effectue depuis une dizaine d’année des travaux sur l’histoire de l’éclairage électrique en son Habilitation à diriger les recherches portait sur l’histoire des premiers spectacles « Son et Lumière » inventés en France au début des années cinquante. Il a bénéficié en août 2013 d’une Bourse d’appui du CCA (Centre Canadien d’Architecture) pour développer un projet intitulé : Les lampes Holophane en Amérique du nord : l’éclairage architectural à l’épreuve de la rationalité.

Édifier la fête : les fondements d’une économie du projet éphémère.

Les projets de tribunes, de pyramides, d’arc de triomphe, de salons de musique, de salles de bal ou bien encore de corps de feu d’artifice érigés à l’occasion des grandes réjouissances publiques sous l’Ancien Régime, témoignent d’une intense activité dans le champ de la construction éphémère, un domaine pourtant sous évalué dans les publications savantes qui n’accordaient à ce type de réalisation qu’une place très souvent anecdotique. A partir de l’étude de traités de pyrotechnie et d’architecture, cette communication propose de mettre en évidence les grands principes qui ont conditionné ce mode de construction tout en soulignant l’originalité de quelques solutions techniques servant à l’édification de ces architectures

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Marie Bouhaïk-Gironès, (Chargée de recherche au CNRS – Centre Roland Mousnier,

Marie Bouhaïk-Gironès travaille sur l’histoire des acteurs et des pratiques théâtrales (13e s.) et étudie également sur le statut de la parole publique sur la scène. Elle s’attache à l’histoire du théâtre comme pratique professionnelle, étudie ses métiers et l’organisation du travail théâtral. Depuis deux ans, elle co-anime avec Mélanie Traversier et Olivier Spina un séminaire portant sur l’histoire sociale des spectacles (15e – 18e siècles) Paris-Sorbonne. Elle a notamment publié Les clercs de la Basoche et le théâtre comique (Paris, 1420-1550) en 2007 chez Champion, et co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont Les Pères du théâtre médiéval. Examen critique d’un savoir académique, PUR, 2010 et Prédication et le Recueil des sotties françaises, tome 1, dir. M. Bouhaïk-Gironès, J. Koopmans & K. Lavéant, Paris, Garnier, 2014, et coordonné un numéro de la Revue de synthèse, t. 133, n°2, 2012, Pratiques professionnelles de la parole (Europe, 12e – 18e s.). Parmi ces récents articles :

– « L’organisation d’un métier : l’acteur aux XVe – siècles », Vivre de son art. Histoire du statut social de l’artiste XVe – XXIe s., s., dir. Agnès Graceffa, Paris, Hermann, 2012, p. 27-35.
– « Le statut de l’acteur face aux pratiques du droit : l’exemple de l’affaire Poncelet au Parlement de Paris (1416) », Droit et pratiques théâtrales (12e Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, 23, juin 2012, p. 127-140.
– « À qui profite l’auteur ? Théâtre, responsabilité de la parole et fonction-auteur à la fin du Moyen Âge », Revue Parlement(s). Revue d’histoire politique, hors-série n°8, Scènes politiques, dir. Corinne Legoy, 2012, p. 27-37.
– « Comment faire l’histoire de l’acteur au Moyen Âge ? », Médiévales, 59 (automne 2010),  p. 107-125.

Les échafauds construits pour la représentation du Mystère des Trois Doms à Romans en 1509.

En 1508, les habitants de la ville de Romans entreprennent de jouer la vie de leurs saints patrons Félicien, Exupère et Séverin. Le dossier documentaire sur le Mystère des Trois Doms joué à Romans à la Pentecôte 1509, les 27, 28 et 29 mai, est riche : nous avons en effet conservé le manuscrit original du mystère, contenant le texte intégral de sa représentation, ainsi que le journal de comptabilité de l’événement tenu par le consul Jehan Chonet. Ces deux manuscrits, conservés la BnF, ont bénéficié d’une édition effectuée au XIXe par Ulysse Chevalier et Paul-Emile Giraud. Les Archives Départementales de la Drôme conservent également prix-fait et quittance passés entre les chanoines de Saint-Barnard et les consuls et trois charpentiers de Romans pour les constructions en bois nécessaires à la représentation du mystère : la plate-forme théâtrale centrale, comme les gradins et les loges qui accueillaient le public. La monumentale architecture théâtrale est construite dans la cour du couvent des Cordeliers.

Des tentatives d’interprétation de ces documents en vue d’une reconstitution des plans du lieu théâtral ont déjà été effectuées et ont donné des résultats différents (H. Rey-Flaud, Le Cercle magique, 1973 ; E. Konigson, L’espace théâtral médiéval, 1975). Un nouvel examen des sources à la lumière du renouveau historiographique sur la construction à la fin du Moyen Age s’impose.

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Philippe Bernardi (Directeur de recherche CNRS – LaMOP)

 Aménagements et constructions éphémères au sein du Palais des Papes d’Avignon au XIVe siècle.

Le Palais des Papes d’Avignon tel qu’il se présente aujourd’hui à nous ne rend pas parfaitement compte de l’usage qui en était fait dans le courant du XIVe siècle. Il ne demeure de ce lieu de vie, de solennités et de refuge que la structure générale, permanente ; la plupart des aménagements intérieurs ou des décors ayant été perdus. Du temps même des papes, tous les aménagements n’étaient pas réalisés pour durer. C’est  cette catégorie particulière de constructions éphémères que la présentation proposée envisagera. Préparations liées à des moments de la vie pontificale, à des événements particuliers, à la gestion parfois complexe des différents usages concomitants du palais, ont entraîné des travaux dont la comptabilité pontificale, particulièrement riche, conserve quelques traces. Il a paru possible, à partir de la lecture de différents registres de comptes conservés pour les pontificats de Clément VI (1342-1352) et Innocent VI (1352-1362), de proposer un aperçu de ces structures – le plus souvent de bois ou de plâtre – qui, le temps d’une cérémonie ou pour des besoins ponctuels venaient se greffer sur la structure que nous connaissons la modifiant parfois notablement.

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Isabelle Warmoens (Ingénieur d’études, Musée des Plans-reliefs)

Isabelle Warmoes est historienne de l’architecture, spécialisée dans l’étude du patrimoine militaire. Elle est ingénieur d’études au musée des Plans-reliefs (Paris, Hôtel national des Invalides). Auparavant elle a travaillé pendant vingt ans en profession libérale, en tant qu’historienne consultante. Elle a ainsi réalisé de nombreuses études historiques sur des sites fortifiés, des parcs et jardins ou encore en architecture civile.
Ses travaux de recherche portent sur l’histoire de la fortification (XVIe-XIXe siècles), les ingénieurs militaires, l’histoire de la cartographie, les plans-reliefs. Elle enseigne l’histoire de la fortification à l’Ecole du Louvre dans le cadre du cours de spécialité « Patrimoine et archéologie militaires ». Elle est membre de la Commission Histoire du Comité français de cartographie.

– Emilie d’Orgeix et Isabelle Warmoes (dir.), Les savoirs de l’ingénieur militaire. Manuels, cours et cahiers d’exercices (1751-1914) », Actes des 5e plans-reliefs, Ministère de la Culture et de la Communication, Direction des patrimoines, Musée des Plans-reliefs, 2013
Le musée des Plans-reliefs. Maquettes historiques de villes fortifiées, Paris, Éditions du Patrimoine, 1997, réed. 2012.
– Christian Corvisier et Isabelle Warmoes, « L’art de fortifier de Vauban. Normalisation de la fortification bastionnée et réminiscences des formes médiévales », in Thierry Martin et Michèle Virol (dir.), Vauban, architecte de la modernité ? Les Cahiers de la MSHE Ledoux, Presses universitaires de Franche-Comté, 2008, p. 101-134.
– « La rationalisation de la production cartographique à grande échelle au temps de Vauban », Le Monde des cartes, revue du Comité français de cartographie, n°195, mars 2008, p. 55-66.
– Isabelle Warmoes et Victoria Sanger (dir.), Vauban, bâtisseur du Roi-Soleil, Catalogue  d’exposition, Paris, Editions Somogy / Cité de l’architecture et du patrimoine, 2007.

Constructions de bois, de terre, gabions, fascines et clayonnages : la « fortification passagère » dans tous ses états (XVIIe-XIXe siècles)

Cette intervention propose de présenter la grande diversité de types et d’éléments de fortifications éphémères, élaborés par les ingénieurs militaires entre les XVIIe et XIXe siècles. Au-delà de la seule présentation typologique, on étudiera, à travers l’analyse de traités de fortification et la présentation de quelques réalisations, la variété et l’agencement des matériaux mis en œuvre pour la construction de ces ouvrages. Depuis le premier tiers du XVIIe siècle et jusqu’à la fin du XIXe siècle, les traités de fortification établissent une distinction entre « fortification permanente », pérenne, et « fortification de campagne », ou « passagère ». La fortification permanente (places fortes bastionnées, citadelles, forts) composée d’importants volumes de terre et de maçonneries soigneusement agencés, comporte de nombreux éléments périssables : palissades, barrières, ponts démontables, étaient autant d’éléments architecturaux secondaires présents dans toutes les places fortes. Leur mise en place, leur entretien, leur conservation et leur remplacement, ont fait l’objet d’une gestion scrupuleuse de la part des ingénieurs militaires.
La fortification de campagne, ou fortification passagère, était conçue en temps de guerre pour « prêter son aide à celui qui attaque comme à celui qui défend » faciles à construire avec les matériaux qui se trouvent sur place. Sous cette appellation de « fortification de campagne », on trouve une grande diversité de formes et de modes de construction de ces ouvrages défensifs éphémères, du petit ouvrage destiné à couvrir une position, aux vastes retranchements établis sur plusieurs kilomètres pour assurer la défense d’une frontière, de la simple levée de terre, au blockhaus en bois construits en série.
Une dernière catégorie de fortifications éphémères sera aussi présentée, celle des « fort factices », vastes constructions réalisées pour l’éducation des princes à l’art de la guerre ou pour l’entraînement des armées.