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 « Projet, histoire, construction. Nouveaux regards sur le patrimoine récent » : deuxième cycle de conférences organisées conjointement par le laboratoire TSAM et Docomomo Switzerland

 

Les outils de l’histoire se précisent pour répondre à des critères d’inventaire inédits, en mesure de restituer les singularités du patrimoine moderne et contemporain ; à son tour, le projet dans l’existant saisit et s’adapte aux spécificités culturelles et matérielles de l’architecture du XXe siècle. Phénomène saisissant, l’élargissement du champ patrimonial par une reconsidération des œuvres récentes est le véritable fil rouge du cycle conférences Projet, histoire, construction. Nouveaux regards sur le patrimoine récent, organisé conjointement par le laboratoire TSAM de l’EPFL et Docomomo Switzerland. Pour sa deuxième édition, ce cycle de rencontres accueillies dans la « Project Room » d’Archizoom à l’EPFL, souhaite apporter une contribution au riche débat sur la sauvegarde de l’architecture du XXe siècle, sa réception et la pratique de sa restauration.

Rassemblant des intervenants venant d’horizons culturels très divers, le cycle de conférences s’ouvre avec deux expériences de projet remarquables. Paul Chemetov, figure marquante de l’architecture contemporaine française, intervient avec une démonstration de sensibilité et pragmatisme sur une œuvre emblématique de l’Atelier de Montrouge : les tours de logements EDF d’Ivry-sur-Seine, désormais inscrites à l’Inventaire Supplé­mentaire des Monuments Historiques (31 octobre). Frank Escher et Ravi GuneWardena, architectes à Los Angeles, sont confrontés depuis une dizaine d’années au patrimoine iconique des Case Study Houses californiennes. Qu’il s’agisse de la conservation de la maison-atelier de Charles et Ray Eames ou de l’adaptation de la production de John Lautner – jusqu’à la construction différée d’un projet non réalisé du vivant de l’architecte, dont le chantier vient de s’ouvrir – les grands thèmes de la sauvegarde du patrimoine monumental du XXe siècle sont concernés (14 novembre).

Quant aux instruments théoriques permettant d’appréhender l’architecture moderne et contemporaine, Gilles Ragot revient sur le processus intellectuel autant que diplomatique qui a porté le projet d’inscription de L’Œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, les critères de sélection, les registres d’argumentation, les raisons des deux refus d’ICOMOS et la nature du dossier labellisé (28 novembre). Sur un autre plan, Richard Klein s’attaque à la notion d’« histoire opératoire » (12 décembre) : où se situe l’équilibre entre les adeptes d’une histoire de l’architecture opératoire pour le projet et ceux qui réfutent l’instrumentalisation de la discipline historique à des fins utilitaires ? Que vaut l’avis des gardiens du patrimoine face aux arguments issus de la complexité des situations historiques ?

La lecture savante de la production moderne à l’aune des « poétiques du confort » d’Eduardo Prieto, architecte et philosophe (5 décembre), combine la technique de l’architecture avec les aspects perceptifs et phénoménologiques. Elle nous le montre bien : les questionnements que convoque le patrimoine du XXe siècle sont très riches, foisonnants même.

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