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Séminaire  Histoire de la construction : Les métiers du bâtiment

 

Organisé par

  • le Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (LAMOP – UMR 8589, Université Panthéon-Sorbonne – Paris 1),
  • le Centre de théorie et analyse du droit (CTAD – umr 7074, Université Paris Ouest Nanterre La Défense – Paris 10)
  • Le Laboratoire Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident (UMR 8546, ENS-CNRS-EPHE) avec le soutien du laboratoire d’excellence TransferS.

 

Lundi 14 décembre 2015 et 10h à 17h30

Lieu :

Bibliothèque de la Sorbonne,
17 rue de la Sorbonne, 75006 Paris
salle de formation

 

10h. Introduction

10h15 Nicolas Tran, professeur d’histoire romaine, Université de Poitiers, Institut universitaire de France

Associations professionnelles et entreprises de construction dans la Rome impériale

11h15 Elisa Erioli, docteur en philologie romane et culture matérielle, archiviste, enseignante à l’Université de
Bologne.

Les métiers du bâtiment à Bologne au bas moyen âge

12h30-14h           Déjeuner

14h Emanuela Garofalo, Maître de conférences en Histoire de l’architecture à la Faculté d’Architecture de l’Université de Palerme

The construction trades in Sicily between late Middle Ages and the beginning of Early Modern Age (14th-16th century): professions and expertise

15h Valérie Nègre, Professeur d’histoire à l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris La-Villette

Les métiers intermédiaires entre architecte, ingénieur et entrepreneur aux XVIIIe et XIXe siècles

16h15 Revue de publications récentes sur l’histoire de la construction
Atelier : « une construction éphémère : le théâtre médiéval de Romans »

 

Résumés

Nicolas Tran, professeur d’histoire romaine, Université de Poitiers, Institut universitaire de France. Il a notamment publié en rapport avec le thème de la séance les ouvrages et articles suivant :

– Les membres des associations romaines. Le rang social des collegiati en Italie et en Gaule sous le Haut-Empire, Coll. EFR n° 367, Rome, 2006, 577 p.
– Dominus tabernae : le statut de travail des artisans et des commerçants de l’Occident romain (Ier siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C.), BEFAR n°360, Rome, 2013, 416 p.
– « Les collèges professionnels romains : clubs ou corporations ? L’exemple de la vallée du Rhône et de CIL XII 1797 (Tournon-sur-Rhône. Ardèche) », Ancient Society, 2011, p. 195-217.
– « L’apprentissage et le statut de travail des artisans en Gaule romaine », dans P. Chardron-Picault (éd.), Aspects de l’artisanat en milieu urbain : Gaule et Occident romain, Dijon, 2010, p.195-200.
– « Les gens de métier romains : savoirs professionnels et supériorités plébéiennes », dans N. Monteix, N. Tran (éd.), Les savoirs professionnels des gens de métier. Études sur le monde du travail dans les sociétés urbaines de l’empire romain, Naples, 2011, p. 119-133.
– « La mention épigraphique des métiers artisanaux et commerciaux en Italie centro-méridionale », dans J. Andreau, V. Chankowski (éd.), Vocabulaire et expressions de l’économie dans le monde antique, Bordeaux, 2007, p. 119-141.

Pour une vision complète de son travail, consulter sa page web : http://sha.univ-poitiers.fr/dpt-histoire/les-enseignants-chercheurs/les-enseignants-chercheurs-titulaires/tran-nicolas/

Associations professionnelles et entreprises de construction dans la Rome impériale

L’étude portera sur des associations professionnelles dont les membres jouaient un grand rôle dans le secteur de la construction, à Rome et dans son avant-port d’Ostie, au IIe siècle et au début du IIIe. D’une part, les inscriptions mentionnant des collèges de fabri tignuarii peuvent être placées dans un contexte documentaire plus large, pour montrer leur contribution à la connaissance du secteur de la construction. D’autre part, elles invitent à s’interroger sur le rôle de ces associations dans l’organisation du travail. Les chantiers de construction de Rome et des villes de l’Empire employaient une main d’œuvre abondante. Les hommes de métier qui œuvraient sur les chantiers de construction présentaient différents statuts de travail. Les associations professionnelles les mettaient en relation et favorisaient notamment la rencontre d’une offre et d’une demande de travail servile.

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Elisa Erioli, docteur en philologie romane et culture matérielle, archiviste, enseignante à l’Université de Bologne.

En 2010, Elisa Erioli a obtenu le titre de docteur en Philologie Romane et Culture Médiévale (Université de Bologne). Sa thèse de doctorat, dont le titre est Falegnami e muratori a Bologna nel medioevo: statuti e matricole (1248-1377), est publiée en 2014. En 2008, elle a obtenu le Diplôme en Archivistique, Paléographie et Diplomatique aux Archives nationales de Modène. Actuellement, elle enseigne à la faculté de Lettres et Patrimoine Culturel et pour le Master Histarmed, parcours européen en Histoire et Archéologie médiévale (Département d’Histoire Cultures Civilisation – Université de Bologne). À partir de 2013, elle devint membre correspondante de la Deputatio di Storia Patria pour la Province de Romagne et chargée de la promotion des études historiques.
Elle publie de nombreux essais sur l’histoire de la ville de Bologne et collabore à des projets organisés par le Département d’histoire, cultures, civilisation, celui de paléographie et d’histoire médiévale, le Ministère du patrimoine et des activités culturelles et le Secrétariat de la Municipalité de Bologne. Elle a été co-organisatrice des colloques internationaux suivants : « L’incastellamento : quarant’anni dopo les structures du Latium médiéval di Pierre Toubert » (sous la direction de A. Augenti e P. Galetti) et « Villaggi, comunità, paesaggi medievali » (sous la direction de P. Galetti).

Ses thèmes de recherche portent essentiellement sur l’organisation du chantier et les métiers du bâtiment au Moyen Âge, la condition économique de la population en ville et à la campagne au Moyen Âge, l’étude des sources d’archives nationales italiennes et l’histoire de Bologne.

Les métiers du bâtiment à Bologne au bas moyen âge

Au milieu du XIIIe siècle les catégories professionnelles qui exerçaient leur métier dans l’industrie du bâtiment à Bologne étaient réunies en une association dénommée Societas magistrorum muri et lignaminis. Cette corporation regroupait les ouvriers qui façonnaient le bois et les maçons ; en 1255, l’association se divise entre menuisiers et maçons à cause des divergences politiques surgies après la naissance de la commune. La documentation composée des statuts et des matricules des deux associations, conservée auprès des archives de la ville, est tellement riche et détaillée qu’elle permet d’examiner l’évolution de ces métiers, sans interruption, à partir de l’année 1248 jusqu’au 1377. Pendant cette période l’organisation des deux corporations change considérablement, et se fractionne en plusieurs catégories contrôlées par les deux associations principales. L’histoire des métiers du bâtiment à Bologne est fortement liée à la politique de la ville. À la fin du XIIIe siècle, les artisans ayant le droit de s’inscrire aux corporations jouent un rôle de responsable à l’intérieur de leurs groupes et dans la vie politique de la commune. À cette époque, les corporations étaient organisées sur la base de valeurs éthiques comme la charité, la solidarité de la famille, l’honneur et la bienfaisance. Au XIVe siècle, la stabilisation du gouvernement et les nouveaux besoins du marché obligent les corporations à modifier leur structure, qui n’était plus adaptée à assister leurs associés. Ces derniers se consacrent de plus en plus aux intérêts économiques et au travail, en créant des normes centrées surtout sur l’approvisionnement des matériaux, sur le contrôle de leur qualité, autant que des prix, des unités de mesure pour les marchandises et des salaires de la main-d’oeuvre.

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Emanuela Garofalo

Contact information : emanuela.garofalo@unipa.it; tel. +393477644802; postal address:  Dipartimento di Architettura, Edificio 08, viale delle Scienze, scala F4, 90128 Palermo, Italy

She was trained as an architect at the University of Palermo (1998) and received; PhD degree in history of Architecture and Preservation of Architectural Heritage at Palermo University in 2003. Research fellow (CNR-Nato scholarship) at the International Center of Croatian Universities of Dubrovnik in 2004; research fellow (MIUR) at Palermo University from 2006 to 2010. She is currently Assistant Professor (Ricercatore) at Palermo University (from December 2011), where teaches History of modern architecture.
She took part to several national and international congresses, and national and international research projects. She currently serves as member of the directional board of the scientific journal «Lexicon. Storie e architettura in Sicilia e nel Mediterraneo». Member of the PhD board in Architecture, Arts and Planning (Palermo University) Her research interests are focused on history of architecture in late-medieval and early modern age in Sicily and other islands and costal regions in western Mediterranean (Sardinia, Malta, Dalmatia), with a special focus on construction history (master builders, guilds, building sites, techniques, materials). On these subjects she published several studies.

Main publications

– E. Garofalo, La rinascita cinquecentesca del duomo di Enna, Edizioni Caracol, ISBN 9788889440148, Palermo 2007

– Gli ultimi indipendenti, architetti del gotico nel Mediterraneo tra XV e XVI secolo, a cura di E. Garofalo, M.R. Nobile, Edizioni Caracol, ISBN 9788889440261, Palermo 2007.

– E. Garofalo, Fra Tardogotico e Rinascimento: la Sicilia sud-orientale e Malta, in «Artigrama. Revista del Departamento de Historia del Arte de la Universidad de Zaragoza», 23, 2008, ISSN 9213-1498, pp. 265-300.

– E. Garofalo, Terremoto e ricostruzione a Ragusa (Dubrovnik) nel 1520, in «Città e Storia », anno IV, n. 2, lug.-dic. 2009, ISSN 1828-6364, pp. 497-515.

– E. Garofalo, Le arti del costruire. Corporazioni edili, mestieri e regole nel Mediterraneo aragonese (XV-XVI secolo), Edizioni Caracol, Palermo 2010, ISBN 978-88-89440-66-7, “dipietra”, ISBN 978-88-96203-01-9, Palermo.

– E. Garofalo, Le lave. Gli usi ornamentali nell’architettura storica in Sicilia, in «Lexicon.  Storie e architettura in Sicilia e nel Mediterraneo», n. 14-15, 2012, pp. 70-88, ISSN 1827-3416.

– E. Garofalo, Il terremoto del 1542 in Val di Noto: i casi di Lentini e Siracusa, dalla gestione dell’emergenza al rinnovamento urbano, in Catastrofi e dinamiche di inurbamento contemporaneo. Città nuove e contesto, a cura di M. R. Nobile, D. Sutera, Palermo, Edizioni Caracol, 2012, pp. 19-26, ISBN: 978-88-89440-87-2.

– . Garofalo, La construcción de bóvedas en la Sicilia del siglo XIV: las capillas palatinas, in Actas del Octavo Congreso Nacional de Historia de la construcción, Madrid 9-12 ottobre 2013, voll. 2, a cura di S. Huerta, F. Lopez Ulloa, I, Madrid, Instituto Juan de Herrera-Escuela Técnica Superior de Arquitectura de Madrid, 2013, pp. 385-394, ISBN: 78-84-9728-477-6.

– E. Garofalo, L’architettura obliqua in Sicilia e l’influenza di Caramuel, in Testo, immagine, luogo. La circolazione dei modelli a stampa nell’architettura di età moderna, a cura di S. Piazza, Palermo, Edizioni Caracol, 2013, pp. 135-146, ISBN: 978-88-89440-99-5.

– E. Garofalo, New architectural models and building tradition, a dialogue in early modern Sardinia. The Jesuit church in Sassari, in International Journal of Architectural Heritage, 9, 2015, pp. 143-156, DOI:10.1080/15583058.2014.951798, pubblicato on-line il 2/20/2014, ISSN 1558-3058 (Print), 1558-3066 (Online).

– E. Garofalo, Progetto e revisione. Il modo nostro nelle vicende del collegio dei Gesuiti di Iglesias, in La Compañía de Jesús y las Artes. Nuevas perspectivas de investigación, a cura M. I. Álvaro Zamora e J. Ibáñez Fernández, pp. 215-232, Departamento de Historia del Arte, Universidad de Zaragoza, Zaragoza, ISBN: 978-84-92522-89-7.

I mestieri della costruzione in Sicilia tra medioevo e prima età  

La documentazione archivistica, piuttosto esigua per il Trecento, ma via via sempre più consistente e varia tra Quattrocento e primo Cinquecento, ha fornito agli studiosi una solida base di dati per ricostruire il quadro delle professionalità operanti nel cantiere di architettura in Sicilia tra la fine del medioevo e il principio dell’età moderna. Si tratta di un quadro variegato, con diverse costanti e alcune variabili nel lungo arco cronologico preso in esame. Questo contributo intende innanzitutto offrire un inquadramento delle diverse figure professionali che interagiscono nel complesso meccanismo del cantiere di architettura, osservandone prerogative e competenze nonché la collocazione nell’ambito di una organizzazione gerarchica più o meno articolata, in funzione anche del tipo di cantiere studiato. Un aspetto di primario interesse è poi quello relativo all’iter di formazione dei diversi artefici, e alle sue possibili varianti, letto anche in relazione al ruolo svolto dalle
associazioni di mestiere, ai condizionamenti e alle opportunità provenienti da queste ultime. Una breve riflessione riguarderà infine l’individuazione dei fattori e delle condizioni che sono intervenuti in determinati momenti a modificare consuetudini ed equilibri consolidati.

The construction trades in Sicily between late Middle Ages and the beginning of Early Modern Age (14th-16th century): professions and expertise

Archival documents, rather small for the fourteenth century, but gradually more and more substantial and varied between the fifteenth and early sixteenth century, has provided scholars with a solid data base to reconstruct the general framework of professionals working in the building site in Sicily between the end of Middle Ages and the beginning of Early Modern period. It is a variegated picture, with many constants and some variables in This paper is intended primarily to provide a framework of the different professionals who interact in the complex system of the construction site of architecture, observing prerogatives and competences and the placing within a hierarchical organization more or less complex, depending also on the type of site studied. A matter of primary interest is that relating to the training of the different professionals, and its possible variants, also read in relation to the role of trade associations, and conditioning and opportunities coming from the latters. Finally, a brief reflection will concern factors that have occurred in certain moments to change established habits and balances.

Les métiers du bâtiment en Sicile entre la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne (XIVe – XVIe siècle) : professions et compétences

Les sources d’archives, plutôt limitées pour le XIVe siècle mais de plus en plus abondantes et variées entre XVe et XVIe siècles, ont fourni aux chercheurs un solide ensemble de données permettant de restituer le cadre dans lequel intervenaient les professions à l’œuvre dans les chantiers d’architecture, en Sicile, entre la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne. Il s’agit d’un cadre complexe, fait de constantes et de variations au cours de l’ère

Notre contribution entend, avant tout, proposer une vision d’ensemble des diverses figures professionnelles qui interagissent dans le complexe mécanisme du chantier d’architecture, en observant les prérogatives et les compétences ainsi que la place, dans le cadre d’une organisation hiérarchique plus ou moins articulée en fonction du type de chantier étudié. La voie de formation des divers artisans est un aspect particulièrement important, ainsi que ses possibles variantes, envisagé également en relation avec le rôle tenu par les associations professionnelles, les conditions et les opportunités proposées par ces dernières. Enfin, nous proposerons une brève réflexion sur les facteurs et les circonstances qui, à divers moments, ont pu modifier les coutumes et les équilibres installés.

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Valérie Nègre, professeur d’histoire à l’ENSA Paris La-Villette

Architecte et historienne, Valérie Nègre est professeur d’histoire de l’architecture à l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris La-Villette. Ses recherches portent sur les interactions entre architecture, technique et société (XVIIIe-XXe siècles) et en particulier sur la représentation de la construction et des savoirs artisanaux. Elle a publié plusieurs ouvrages dont L’Ornement en série. Architecture, terre cuite et carton-pierre (2006) et édité avec R. Carvais, A. Guillerme, J. Sakarovitch, à l’issue de deux congrès : Édifice et artifice. Histoires constructives (Paris, Picard, 2010) et Nuts and Bolts of Construction History. Culture & Technology (Paris, Picard, 2012). Elle achève deux livres issus de son Habilitation à diriger des recherches : Les architectes, les artisans et la technique (XVIIIe-XIXe siècles) (Paris, Garnier, à paraître 2016) et Les figures du constructeur. Inventer et représenter la technique (XVIIIe et XIXe siècles) (Genève, Metis Presses, à paraître 2016).

Les métiers intermédiaires entre architecte, ingénieur et entrepreneur aux XVIIIe et XIXe siècles.

Les architectes, les ingénieurs et les entrepreneurs sont des catégories de praticiens relativement bien connues des historiens. Moins connus sont en revanche les hommes occupant des postes intermédiaires entre ces professionnels, comme les dessinateurs, les « inspecteurs », les « conducteurs », les « gâcheurs », les contrôleurs, les « toiseurs », les vérificateurs. Après avoir fait le point sur ce que l’on sait de ces fonctions, il s’agira de montrer par l’exemple ce qu’une attention plus grande aux savoirs et aux savoir-faire de ces praticiens pourraient apporter à l’histoire de l’architecture.