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Les interactions entre architecture et ingénierie constituent un champ de recherche fertile. Depuis les années 1990, les publications et expositions monographiques permettent d’envisager une réflexion synthétique sur les architectes et ingénieurs qui ont su allier recherches structurelles et force expressive au cours du XXe siècle : travaux universitaires et fonds d’agences conservés dans les collections muséales offrent l’opportunité de s’interroger sur le processus de conception du projet architectural, de ces voûtes, coques, coupoles en béton, structures tendues et autres modèles structurels. À travers les maquettes et les plans, les matériaux performants, l’ingénierie intégrée et l’utilisation de l’informatique, les projets d’Eduardo Torroja, Pier Luigi Nervi, Felix Candela, Roger Taillibert, Frei Otto et Myron Goldsmith révèlent des expérimentations sans cesse renouvelées pour défier les lois de la statique et dominer la matière.

Structures architecturales – Autour de Roger Taillibert

23 mars 2017 – 9H-18H

Galerie Colbert, salle Vasari
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs
75002 Paris

Ancien élève de l’École des beaux-arts et pionnier dans l’art des structures en France, Roger Taillibert (1926-) tient une place singulière parmi les architectes et ingénieurs qui ont su, au cours des années 1960 et 1970, concevoir et mettre en œuvre des structures innovantes. À partir de l’ouverture de son agence en 1959, il développe sur près de cinquante ans d’incessantes expérimentations structurelles sur les coques et les voiles minces, les membranes tendues mobiles et les portiques à grande portée en béton précontraint. Sa production, dont le Parc des Princes (1968-1972) et le parc olympique de Montréal (1973-1976) constituent les fleurons, se situe à la croisée des recherches de ses contemporains : influencé par les réalisations d’Eduardo Torroja et de Felix Candela, il a collaboré avec de nombreux architectes, ingénieurs et entrepreneurs, parmi lesquels Stéphane Du Château, Frei Otto et Peter Stromeyer. Bien que sa contribution à l’architecture sportive soit reconnue par l’historiographie française, les recherches récentes offrent l’opportunité de contextualiser son œuvre à l’échelle internationale et de s’intéresser au processus de conception du projet.
De la première esquisse au chantier, les architectes et ingénieurs qui sont à l’origine de nouvelles formes structurales au cours du XXe siècle, ont su développer des méthodes de conception spécifiques du projet architectural, fondées autant sur l’intuition constructive et formelle que sur la science et l’expérimentation : croquis, plans, maquettes d’étude, maquettes analytiques, maquettes expérimentales, photographies et films de maquettes, épures géométriques, analyses graphiques réalisées sur ordinateur, manifestent de manière concomitante la recherche d’une expression architecturale des forces à l’œuvre dans la matière et la mise à l’essai, mathématique ou empirique, du comportement structurel de l’édifice. Cette journée d’études sera centrée, selon une démarche comparative, sur la modélisation structurale et la dynamique pluridisciplinaire des agences à travers les exemples de pionniers qui ont pu influencer Roger Taillibert, tels qu’Eduardo Torroja, Felix Candela et Pier Luigi Nervi. Les méthodes, les outils, l’approche de l’architecte seront placés en regard de ceux de ses contemporains, qu’il s’agisse de confrères ou de collaborateurs, tels qu’Heinz Isler, Stéphane Du Château et Frei Otto. Cette mise en perspective offre l’opportunité d’ouvrir la réflexion sur la place de Roger Taillibert dans l’histoire architecturale moderne et sur la valeur patrimoniale de son œuvre majeure, le parc olympique de Montréal.

Programme