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Le Conseil des bâtiments civils et l’administration de l’architecture publique en France, dans la première moitié du XIXe siècle (1795-1848)

 

Soutenance de la thèse de doctorat : Le Conseil des bâtiments civils et l’administration de l’architecture publique en France, dans la première moitié du XIXe siècle (1795-1848), de M. Emmanuel CHATEAU-DUTIER préparée sous la direction de Monsieur le Directeur d’étude Jean-Michel Leniaud

Jury  : Lucie Morisset, Professeur à l’Université du Québec à Montréal,  Sabine Frommel, Directeur d’études à l’École pratique des hautes études,  Jean-Philippe Garric, Professeur de l’Université Panthéon-Sorbonne,  Robert Carvais, Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique,  Jean-Michel Leniaud, Directeur d’études à l’École pratique des hautes études.

Résumé

À l’issue de la Révolution, la rationalisation de la politique architecturale opérée au moyen d’une centralisation des affaires qui s’appuie sur un découpage administratif très hiérarchique allait permettre, en moins d’un demi- siècle, de fournir aux nouvelles institutions les édifices nécessaires à leur exercice et d’inscrire leur existence symbolique dans le bâti. Comme commission consultative établie auprès du ministre de l’Intérieur en 1795, le Conseil des bâtiments civils fut appelé à se prononcer sur l’ensemble des questions relatives à l’architecture que lui soumettait le ministre. Ses compétences portaient tout autant sur l’examen sous le rapport de l’art de tous les projets d’architecture construits aux frais de l’État que sur des sujets aussi divers que le règlement des honoraires, les alignements de voirie ou la liquidation des sommes dues aux entrepreneurs. Principal outil de la politique architecturale de l’État, le Conseil des bâtiments civils allait être à l’origine d’une pratique encadrée de l’architecture. En commandant l’accès à la commande publique la plus rémunératrice et la plus importante pour la notoriété de l’architecte, et par la normalisation du processus de production architectural, le Conseil et l’administration des bâtiments civils furent à l’origine, selon le mot de Georges Teyssot, d’un véritable « système des bâtiments civils » dont le rôle fut sans doute plus déterminant encore que celui de l’École et de l’Académie des Beaux-Arts dans la première moitié du XIXe siècle.

Abstract

The Conseil des bâtiments civils and the public architectural administration in France in the first XIXe century (1795-1848)

At the end of the Revolution, the rationalization of the architectural policy that engendered a centralisation based on a strict hierarchical administrative division would, in less than a century, allow to give to the new institutions the buildings they needed and to inscribe their symbolic existence in the built. As a consultative commission established next to the Interior ministry in 1795, the Conseil des bâtiments civils was called to decide on all architectural matters submitted to it by the Minister. His competences were equally relevant to the examination of all architectural projects built at public expense under the art point of view, or on topics as diverse as the payment of fees, road alignments or liquidation of amounts due to contractors. Main tool of the architectural policy of the State, the Conseil des bâtiments civils would frame the architectural practice. By controlling access to the most lucrative public command and the most determinant for the reputation of the architect, the standardization of architectural production process that the Conseil des bâtiments civils introduced, was a true « system of civil buildings » whose role was probably even more important than that of the École des Beaux Arts or the Académie in the early nineteenth century.

 

https://www.ephe.fr/recherche/soutenances/emmanuel-chateau-dutier