Constructions en métal, constructions idéales ?1850 – 2050
Les premières constructions en métal datent de la fin du 18e siècle, elles étaient en fonte. L’ouvrage iconique qui les représente est le pont de Coalbrookdale (1779). Ces ouvrages étaient par essence composés d’éléments préfabriqués en usine.
La construction métallique s’est ensuite développée pendant tout le 19e siècle, d’abord de fer et de fonte, puis le fer a été remplacé progressivement par l’acier à partir de l’apparition du convertisseur (pour transformer la fonte en fer) au début des années 1860. La fonte a l’inconvénient d’être fragile et de mal résister à la traction, en revanche elle peut être plus facilement moulée vu sa température de fusion inférieure à celle du fer et de l’acier. Un des témoins majeurs de la construction en fonte est le Crystal Palace (1851). Il était non seulement préfabriqué mais aussi démontable pour pouvoir être remonté ailleurs. Vers les années 1880, on voit apparaitre les maisons dites « en fer » qui étaient en fer ou en acier avec quelques éléments de fonte. Elles étaient principalement destinées aux colonies. C’est le cas des constructions « Système Danly » qui étaient vendues sur catalogue. La partie la plus ancienne du Château de fer de Ath en est un exemple remarquable. D’autre systèmes ont été développés en Belgique et ailleurs pour construire des maisons mais aussi d’autres types d’édifices entièrement préfabriqués : des gares, des écoles, des hôtels… et même des églises. Le Système Danly est remarquable car il fait principalement appel à de fines tôles embouties pour leur donner de la raideur, cette légèreté facilitait le transport des éléments. Dans le même ordre d’idée de préfabrication il y a bien entendu également les ponts métalliques construits en Europe de l’Ouest et envoyés en « pièces détachées » aux colonies ou exportés. Au cours du 20e siècle, « siècle du béton » par opposition au 19e siècle, « siècle du fer » se développent de multiples systèmes préfabriqués en métal, en béton et même en bois. La préfabrication permet un travail en usine à l’abri des intempéries et fait appel à moins de main-d’œuvre ce qui a été prépondérant à partir des années 1960 quand le coût de la main-d’œuvre est devenu déterminant dans le coût total de la construction. La préfabrication des ouvrages en béton s’est fort développée tout au cours de ce siècle mais est restée une préfabrication lourde. Au vingtième siècle la construction en métal, bien entendu toujours préfabriquée a continué à évoluer. La fin de la seconde guerre mondiale a vu le développement des structures en aluminium. Plus léger, il peut plus facilement être moulé et sa corrosion
s’auto-stabilise. Malheureusement son coût est élevé considérant son processus de fabrication fortement
lié au coût de l’énergie électrique. C’est ce coût qui en limite l’usage.
Le développement soutenable et la circularité donne un avantage aux constructions métalliques. Si on se
projette dans le futur, les constructions d’urgence et celles dans l’espace feront appel au métal et souvent à l’aluminium considérant sa légèreté. En prenant un peu de hauteur on peut faire pas mal de parallèles entre une préfabrication pour les colonies à la fin du 19e siècle alliant légèreté et simplicité et des constructions dans l’espace visant ces mêmes objectifs.
Considérant ce rapide survol, nous avons trouvé fort utile de tracer les évolutions qui se déroulent sur près de deux siècles et qui nous mènent des constructions légères et efficaces de maisons en métal sur catalogue à des constructions répondant aux demandes actuelles et futures. Comme souvent dans le voyage l’essentiel est le chemin, au cours de ce voyage, nous passerons en revue différents exemples de solutions préfabriquées en métal tant du point de vue technique, que du point de vue développement soutenable et du point de vue « administratif » au travers de la problématique des brevets.
Après cinq exposés historiques et de synthèse nous parcourrons le 20e siècle et le début du 21e et terminerons par deux exposés prospectifs consacrés aux constructions dans l’espace.
Ces sujets seront traités en deux journées. La première à Mons, le 29 mai 2026, sera consacrée aux cinq
exposés dont question ci-avant et donnera des exemples du 20e siècle. Lors de la seconde journée à Lille,
après avoir examiné quelques autres exemples il sera question de développement soutenable et de brevets avant d’aborder, par deux exposés, les constructions dans l’espace.
Michel Provost
Le contenu de ces deux journées a été élaboré par un Comité scientifique composé de Laurent Debailleux
(UMons), Florence Hachez-Leroy (Université d’Artois), Pablo Lhoas (ENSAP – Université de Lille – Université Libre de Bruxelles), Eric Monin (ENSAP – Université de Lille), Michel Provost (FABI – Université Libre de Bruxelles) et Philippe RIzzotti (ENSAP – Université de Lille)
Programme du vendredi 29 mai 2026
8 h 30 – Accueil des participants
9 h 00 – Quelques mots pour introduire ces deux journées, par Michel Provost, Président de la Plateforme Patrimoine et Histoire – FABI
9 h 10 – L’année du centenaire de la FABI, par Nicolas Tsurukawa, Président de la FABI
9 h 20 Le patrimoine des innovations industrielles en Région Wallonne, par Sophie Denoêl Directrice
de l’AWaP
9 h 30 Quelques contributions britanniques à l’histoire de la préfabrication : De la fonte au 18e siècle à
l’aluminium dans les années 1940, par Bill Addis, Ingénieur, historien de la construction
10 h 10 – Les maisons en fer d’Europe de l’ouest au 19e siècle par Marc Braham. Ingénieur civil (ULiège) – Historien des structures métalliques
10 h 50 – Questions – Réponses
11 h 10 – Pause-Café
11 h 25 – Architectures tropicales en métal : circulations, adaptations et patrimoines partagés, par Dalia
Perziani – Docteure en art de bâtir et urbanisme (ULB), responsable des collections au musée de
La Fonderie (Molenbeek – Bruxelles)
12 h 05 – D’une église à une maison de fer: regards croisés sur l’essor de la préfabrication métallique en Belgique (1842–1885), par Laurent Debailleux. Ingénieur civil – architecte. Professeur à la faculté
polytechnique de l’UMons
12 h 45 – Questions – Réponses
13 h 00 – Pause-Repas
14 h 15 – Quand le métal fait système : architectures en kit au 20e siècle, par Pablo Lhoas. Architecte.
Directeur de l’ENSAP Lille. Professeur à la Faculté d’architecture de l’ULB
14 h 55 – Les constructions en acier de la société Fillod (France) », par Sophie Loppinet Meo- Historienne de l’art, chargée de la protection à la conservation régionale des monuments historiques, DRAC Bourgogne-Franche-Comté (Ministère de la Culture, France)
15 h 25 – Questions – Réponses
15 h 45 – Pause-Café
16 h 00 – Jean Prouvé, le rêve du tout métal depuis la conception de la Maison du Peuple à Clichy (1935) jusqu’au Pavillon du Centenaire de l’Aluminium (1954), par Delphine Drouin- Prouvé, Architecte
DPLG – Ingénieure territoriale
16 h 40 – Voyage rétrospectif au cœur des coques “M”, par Enzo Marion – Architecte diplômé d’état
17 h 00 – Questions – Réponses
17 h 20- Clôture de la journée


Un jour de plus à Paris


