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 Construire en province au XVIIIe siècle : les ingénieurs des états de Languedoc

Catherine Isaac

Lundi 3 décembre 2018 à partir de 14 h

Université Toulouse Jean-Jaurès bâtiment Olympes de Gouges salle G023 (Rez-de-chaussée, salle du Conseil).

 

Le jury est composé de :

Robert CARVAIS, Directeur de recherche CNRS, Université Paris Ouest

Pascal JULIEN, Professeur, Université Toulouse II-Jean Jaurès, Directeur de thès

Mme Valérie NÈGRE, Professeur, Université Paris I Panthéon Sorbonne, Rapporteur

Mme Émilie d’ORGEIX, Directrice d’étude, EPHE, Directrice de thèse

Mme Hélène ROUSTEAU-CHAMBON, Professeur, Université de Nantes, Rapporteur

Thierry VERDIER, Professeur, Université Paul Valéry Montpellier 3.

Résumé :

Le XVIIIe siècle, période clé pour l’histoire des ingénieurs, voit la création des grands corps et de leurs écoles (Ponts et Chaussées, Génie), et la naissance de la figure de l’ingénieur moderne. Avec Jean-Rodolphe Perronet comme figure de proue, l’ingénieur des Ponts et chaussées personnifie cette évolution, en se distinguant à la fois de l’architecte et du militaire, employé par la puissance publique au service du bien commun.

Dans les années 1990, les travaux relatifs à l’histoire des ingénieurs prennent un essor considérable, avec les publications d’Anne Blanchard, Antoine Picon, Hélène Vérin, ou encore Janis Langins.

Avant la Révolution française, le corps des Ponts et chaussées ne se déploie pas sur tout le territoire, les ingénieurs des pays d’États conservent leur indépendance jusqu’à la fusion opérée en 1791. Ceux-ci ont peu retenu l’attention, hormis leur évocation par Fernand de Dartein dans ses études sur les ponts remarquables en Bourgogne et en Languedoc, et les articles de Joseph Letaconnoux sur leurs homologues bretons.

Cette recherche prend pour objet les ingénieurs civils au service de la province de Languedoc (personnes exerçant des fonctions d’ingénieurs aux différents niveaux de l’administration des travaux publics de la province de Languedoc). Elle est délimitée dans l’espace par les frontières de la province et dans le temps par le XVIIIe siècle.

Si quelques publications ont été consacrées à certaines activités de ces ingénieurs comme les constructions de routes (Jérôme Slonina), de ponts (Fernand de Dartein déjà cité), ou la cartographie (François de Dainville), aucune n’a traité de ces ingénieurs en tant que tels. C’est l’ambition de la présente thèse. En premier lieu, cette recherche se concentre sur l’organisation, le recrutement, la formation, les réseaux et la vie quotidienne de ces ingénieurs. En second lieu, elle s’attache à leurs savoirs, aux travaux dans le cadre des sociétés savantes, aux voyages d’études et à la création des écoles de ponts et chaussées en Languedoc. Enfin en troisième lieu, en s’appuyant sur un corpus d’œuvres centré sur les ponts, elle examine la mise en œuvre de ces savoirs dans la construction et aux relations avec les entrepreneurs. En tirant profit de sources inédites, et en revisitant d’autres déjà connues, cette thèse vise à proposer une vision axée sur le parcours des hommes et la constitution, l’acquisition, la transmission des savoirs des ingénieurs languedociens du XVIIIe siècle, qui ne semble pas exister à ce jour.